Interview de l’épidémiologiste William Dab, Le Monde du 17 nov

Déménagement d’un collège de Vincennes : « On surestime l’urgence, sans réfléchir à la balance des risques »

L’épidémiologiste William Dab considère « qu’il y a bien une incohérence décisionnelle », mais ne se veut pas alarmiste quant à la situation à laquelle sont exposés les élèves.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/education/article/2017/11/17/demenagement-d-un-college-de-vincennes-on-surestime-l-urgence-sans-reflechir-a-la-balance-des-risques_5216732_1473685.html#frPmXMLjEGV2CLlI.99

L’épidémiologiste William Dab considère « qu’il y a bien une incohérence décisionnelle », mais ne se veut pas alarmiste quant à la situation à laquelle sont exposés les élèves.

La ville de Vincennes et le département du Val-de-Marne sont actuellement aux prises avec la délocalisation en urgence du collège Saint-Exupéry, où un solvant cancérogène a été détecté. L’épidémiologiste William Dab a pu prendre connaissance du rapport d’analyse des sols commandé dans le cadre du projet d’extension de l’établissement scolaire. Il appelle à interroger la « balance des risques ».
William Dab est titulaire au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) de la chaire hygiène et sécurité. Il était directeur général de la santé au moment de l’affaire des cancers pédiatriques de Vincennes (Val-de-Marne) – cancers diagnostiqués, au début des années 2000, dans une école construite sur le site de l’ancienne usine Kodak.

Les parents d’élèves de Vincennes sont un peu perdus, entre des autorités martelant qu’il n’y a pas d’urgence sanitaire et un déménagement de leurs enfants en urgence prévu à Vitry-sur-Seine. Au regard des informations dont vous disposez, la situation est-elle préoccupante ?
On est raisonnablement dans une situation où l’on peut éliminer une toxicité aiguë. Le problème a été découvert par une étude systématique, et non du fait de personnes malades. La question qui se pose est celle d’une possibilité d’exposition à des faibles concentrations d’un ensemble de produits chimiques. Et une telle situation en milieu urbain n’est pas une situation d’urgence de sécurité sanitaire.

Cela ne veut pas dire que ce n’est pas préoccupant ou qu’il y a lieu de ne rien faire, mais qu’on peut se donner un peu de temps – de quelques jours à quelques semaines – pour prendre une décision rationnelle. Quand on surestime l’urgence, on ne peut pas réfléchir à la balance des risques. Par exemple, de multiples trajets en bus jusqu’à Vitry-sur-Seine ne constituent-ils pas un risque plus important que la poursuite des cours à Vincennes ? La question mérite d’être posée.

Vous mettez en cause la méthode…
Quand on se met à la place des familles, il y a bien une incohérence décisionnelle. On leur dit qu’il n’y a pas d’urgence pour la santé, mais qu’il faut déménager d’urgence. Une fois de plus, on décide d’abord et on discute ensuite. Or, l’expérience de sécurité sanitaire montre que les décisions sont plus pertinentes et mieux acceptées quand elles sont prises en concertation avec les premiers concernés.

Est-ce à dire qu’on aurait pu plus rapidement et plus précisément quantifier le risque ?
Absolument. Face à une pollution de ce type, la conduite à tenir est bien codifiée. Pour Santé publique France, agence d’expertise de référence, faire une évaluation quantitative des risques ne demande que quelques jours de travail. C’est une pièce décisionnelle qui manque, empêchant toute décision scientifiquement fondée. La question centrale est d’estimer le niveau d’exposition de cette population d’élèves et d’enseignants, et ce n’est pas compliqué de l’obtenir dans un délai raisonnable.

Peut-on imaginer que, dans une société où le principe de précaution prévaut, des situations de ce type se multiplient ?
Le principe de précaution est un guide d’action en situation incertaine. Nous ne sommes pas ici dans une situation de précaution, mais de prévention. Il y a une exposition potentielle d’enfants et d’enseignants à un cocktail de produits dont la toxicité est connue. C’est un problème classique de prévention, que l’on peut résoudre sans créer de crise en actionnant les bons outils d’aide à la décision.

Il y a la question des sites potentiellement pollués du fait d’anciennes activités industrielles ; il y a aussi celle de l’air pollué dans les écoles, en lien avec les activités ou les matériaux scolaires. Est-il légitime de s’inquiéter pour la santé des élèves ?
La préoccupation est légitime, mais il n’y a pas lieu d’être alarmiste. Nous avons des enfants qui passent cinq, six, sept heures quotidiennement en classe ; idem des enseignants. Une telle durée suffit à considérer la qualité de l’air comme une priorité. Chez les jeunes, alors que la croissance n’est pas terminée, la sensibilité à la toxicité chimique est plus forte qu’à l’âge adulte. Des campagnes systématiques de mesures de la qualité de l’air en classe me semblent, avec les moyens humains et financiers dont la France dispose, une action de santé publique raisonnable.

Jusqu’à présent, on s’y est attelé sur la base d’échantillons, donc partiellement. Les résultats ont montré dans certains cas des taux de monoxyde de carbone ou de composés organiques volatils trop élevés. Il y a donc un effort à poursuivre et cela d’autant plus que les nouvelles normes dans l’énergétique des bâtiments peuvent conduire à réduire la ventilation des classes.

Communiqué du département du Val-de-Marne du 17 nov 2017

Collège Saint-Exupéry à Vincennes : une pollution qui entraîne la fermeture de l’établissement

Pour réhabiliter le collège Saint-Exupéry à Vincennes, le Département a commandé des études préparatoires. Celles-ci ont révélé la présence de solvants chlorés dans l’air intérieur des bâtiments concernés. L’Agence Régionale de Santé (ARS) a donc préconisé la fermeture de l’établissement. Le Département et ses partenaires travaillent avec les parents pour trouver la meilleure solution de relocalisation des collégiens.

Point au 17 novembre 2017

Collège Saint-Exupéry à Vincennes – Photo : M. Lumbroso

Le Département, la ville de Vincennes, la Préfecture, l’Education nationale, l’ARS et la Direction Régionale et Interdépartementale de l’Environnement et de l’Energie (DRIEE) discutent actuellement avec les associations de parents d’élèves (PEEP et FCPE), les représentants des enseignants et du personnel départemental pour trouver ensemble la meilleure façon de poursuivre la scolarité des 641 collégiens du collège Saint-Exupéry. Des solutions ont déjà été retenues, d’autres sont encore à l’étude tandis que des hypothèses ont définitivement été écartées. Retour sur les différentes propositions et leur faisabilité :

Les solutions retenues

  • Les 7 classes de 6e au seront accueillies au sein du collège Offenbach à Saint-Mandé pour finaliser leur année scolaire 2017/2018. Ces 186 collégiens supplémentaires devraient pouvoir bénéficier du service de la restauration sur place.
  • Les collégiens en situation de handicap ou bénéficiant d’un Projet d’Accueil Individualisé (PAI) seront accueillis dans les autres collèges de la ville de Vincennes.

Les élèves de 5e, 4e et 3e du collège Saint-Exupéry ne pourront pas être séparés dans plusieurs établissements. La dispersion de l’ensemble des collégiens de Saint-Exupéry, de la 6e à la 3e, dans plus de deux établissements ne permettant pas d’avoir des emplois du temps viables pour les enseignants. L’accueil des 5e et 4e au sein du collège Jean Macé à Fontenay sous Bois est donc écarté.

  • Un bâtiment provisoire sera construit à proximité de l’actuel collège Saint-Exupéry, pour accueillir l’ensemble des classes de la 6e à la 3e dès la rentrée de septembre 2018. Afin de tenir les délais, les procédures de construction seront accélérées au maximum, grâce à l’appui de l’ensemble des autorités compétentes en la matière.

Les hypothèses encore à l’étude

  • L’accueil des élèves de 5e, 4e et 3e pourrait se faire dans un centre AFPA (Association pour la Formation Professionnelle des Adultes) désaffecté situé à Montreuil ou au sein des locaux de l’INSEP (Institut National du Sport, de l’Expertise et de la Performance), situé à Paris 12e.
  • Des cours à distance pourraient être proposés, via les moyens informatiques notamment (cours en ligne). Par ailleurs, la ville pourraient mettre à disposition des salles municipales pour faire classe et pour permettre la restauration, du 22 novembre au 22 décembre 2017.
  • Les classes de 5e, 4e, 3e du collège Saint-Exupéry pourraient déménager vers l’ancien collège Gustave Monod, situé à Vitry-Sur-Seine du 27 novembre au 22 décembre. Le transport des élèves se ferait en bus. La possibilité d’utiliser la voie de bus en site propre est à l’étude.
  • Les classes de 5e, 4e, 3e du collège Saint-Exupéry pourraient déménager vers l’ancien collège Camille Pissarro du 8 janvier 2018 à la fin de l’année scolaire 2017/2018. Le transport des collégiens est à l’étude.
  • Les classes de 5e, 4e, 3e du collège Saint-Exupéry pourraient être accueillies au sein du lycée Paul Valéry situé à Paris 12e.

Les hypothèses écartées

  • Accueil dans l’ancien lycée professionnel Jean Jaurès, situé à Charenton : libéré il y a 10 ans, le bâtiment ne répond plus aux nomes de sécurité et d’hygiène nécessaires pour recevoir du public.
  • Accueil dans un des collèges de Montreuil : après prise de contact avec les autorités compétentes, cette solution est écartée par manque de place dans les collèges à proximité de Vincennes.
  • Accueil au sein du Parc Floral : le lieu ne peut être aménagé pour un usage public.
  • Accueil dans une des installations militaires en fonctionnement ou anciennes : ces établissements ne sont pas mobilisables pour y installer des collégiens au regard de leur utilisation actuelle.

A l’issue de la réunion du vendredi 17 novembre regroupant l’ensemble des partenaires insitutionnels impliqués aini que les associations de parents d’élèves (PEEP et FCPE), les représentants des enseignants et du personnel départemental, plusieurs hypothèses sont encore à l’étude et demandent à être confirmées. La décision finale sera prise lundi 20 novembre.

L’héritage du passé industriel de Vincennes

Responsable de la construction et de l’entretien des collèges publics, le Conseil départemental projetait de réhabiliter le collège Saint-Exupéry à Vincennes dont les bâtiments datent de 1885 à 1970. A l’occasion des études préparatoires à ce projet, et selon les dispositions réglementaires en vigueur, des diagnostics techniques ont ainsi été opérés à l’été 2017. Ces derniers ont révélé la présence de solvants chlorés : le tétrachloroéthylène (PCE) et le trichloroéthylène (TCE).

Ces composés chimiques seraient liés à l’activité industrielle d’une manufacture d’oeillets métalliques, les établissements BAC, présents sur le site de 1900 à 1970. Leur activité industrielle (atelier de travail de métaux, machine à graisser, atelier de vernissage et fours à vernir, etc.) est considérée comme une source potentielle de pollution.

Une fermeture de l’établissement par principe de précaution

Réfectoire du collège Saint-Exupéry – Photo : M. Lumbroso

Ces pollutions du sol dégagent des solvants chlorés volatiles, qui peuvent être dangereux à haute dose et en exposition prolongée. Les taux relevés dans l’air des bâtiments du collège varient entre 20 et 213 microgrammes par m3 quand la qualité de l’air est normalement de 2 µg/m3. 70% des surfaces du collège (réfectoire, salles de classe…) sont impactées par cette pollution.

Sur la base de ces résultats obtenus lors de deux cycles d’analyses, respectivement connus le 13 octobre et le 09 novembre 2017, l’ARS estime que la situation ne présente pas d’urgence sanitaire. Elle préconise néanmoins, à titre de précaution, la fermeture des espaces impactés par cette pollution dès le 21 novembre ainsi que des mesures de gestion comportant des travaux pour éliminer la source de pollution.

Ces solvants chlorés ont été trouvés dans le collège Saint-Exupéry et, dans une moindre mesure, dans le bâtiment accueillant la crèche Liberté, le Relais d’Assistantes Maternelles (RAM) et la restauration scolaire de la maternelle du Nord.

Voir l’étude historique documentaire et mémorielle et diagnostic environnemental des sols du collège Saint-Exupéry à Vincennes.

https://www.valdemarne.fr/vivre-en-val-de-marne/informations/college-saint-exupery-a-vincennes-une-pollution-qui-entraine-la-fermeture-de-letablissement

Paris : 75% des crèches et des écoles sont situées sur d’anciens sites industriels pollués

Selon une enquête publiée le 16 novembre par l’association Robin des Bois, près des trois quarts des établissements, accueillant de jeunes enfants, contiennent dans leurs sols des résidus de plomb, d’hydrocarbure et de solvants chlorés.

Alors qu’une crèche et un collège à Vincennes sont contraints de déménager à cause de l’air pollué de leurs locaux, l’association de protection de l’environnement Robin des Bois a publié jeudi sur son site les résultats d’une enquête sur l’état des sols des établissements accueillant de jeunes enfants en France. Et le bilan est inquiétant à Paris. Selon l’ONG, 75 % des crèches et des écoles inspectées dans la capitale sont situées sur des terrains pollués par des hydrocarbures, du plomb ou encore des solvants chlorés tel que le perchloroéthylène.

«52% des crèches et des haltes garderies (21 sur 40) dans la capitale nécessiteraient une vigilance renforcée et 23% (9 établissements) doivent faire l’objet d’aménagements et de précautions, précise Jacky Bonnemains, porte-parole de l’association. Il faut savoir que Paris a longtemps été le berceau d’une ville industrielle avant d’être une ville résidentielle. Durant des décennies, la ville possédait de nombreuses fonderies, blanchisseries et usines à métaux. Ces ateliers de traitement, ces fabriques diverses ont commencé à fermer leurs portes dans les années 1930, à une époque où la protection de l’environnement était bien plus rudimentaire qu’aujourd’hui. La plupart des terrains et des nappes phréatiques ont été contaminés durablement par cette activité industrielle».

«Certains résidus polluants ont des impacts sur le développement du cerveau et du système nerveux de l’enfant. D’autres peuvent avoir des effets néfastes sur la fertilité»

Jacky Bonnemains, porte-parole de l’association Robin des Bois
Menée par le Bureau de recherches géologiques et minières, l’enquête a été effectuée dans le cadre d’un plan national lancé en 2013 sous la responsabilité du ministère de l’Écologie. Les conclusions de l’étude n’avaient jamais été communiquées au public. «Notre démarche est celle de la transparence. Nous avons voulu sortir des tiroirs les résultats pour que tous les parents soient informés des risques occasionnés par la pollution sur leurs enfants, confie au Figaro le porte-parole de l’ONG. Certains résidus polluants ont des impacts sur le développement du cerveau et du système nerveux de l’enfant mais aussi sur son squelette. Ils peuvent également avoir des effets néfastes à plus ou moins long terme sur la fertilité».

Certaines crèches polluées ont déjà fait l’objet de mesures de la part de la mairie comme celle des Petites écuries située dans le Xe arrondissement qui a été fermée cet été. Des teneurs en plomb de 1.400 mg/kg avaient été mesurées dans les sols du jardin pédagogique, alors que le Haut Conseil de la Santé publique recommande un dépistage du saturnisme infantile à partir de 300mg/kg. Mais pour l’association, il ne suffit pas de fermer les portes, de purger les robinets, d’ouvrir les fenêtres et de condamner des pièces, il faut extraire les sources de pollution des sols.

De son côté, la direction familles et petite enfance de la mairie de Paris se veut rassurante et affirme au Figaro «qu’il ne faut pas s’alarmer». «Nous avons mis en place un comité de pilotage avec la préfecture de police et les situations sont sous contrôle», précise Philippe Hansebout, salarié de la mairie, à nos confrères du Monde. Les expertises que nous avons menées avec l’Agence régionale de santé ont montré qu’il n’y avait aucun danger pour la santé des enfants ou des personnels. Nous avons déjà fermé certains sites concernés et des investigations sont menées pour identifier les sources de pollution».

En savoir plus sur Le Figaro

Les études communiquées par le Département et l’ARS

A télécharger

  • Etude historique documentaire et mémorielle et diagnostic environnemental des sols du collège Saint-Exupéry à Vincennes PDF – 25.9 Mo (mis en ligne le 16/11/2017)
  • 2ème campagne d’analyse de l’air : plans XLSX – 119.66 Ko (mis en ligne le 16/11/2017)
  • Notice d’accompagnement des résultats (ARS) DOCX – 956.23 Ko (mis en ligne le 17/11/2017)

 

Communiqué de la Mairie du 17 nov

RELOCALISATION DU COLLÈGE SAINT-EXUPÉRY : DÉJÀ DES BONNES NOUVELLES, ET DES SOLUTIONS ENCORE À L’ÉTUDE

Lors de la réunion de ce jour, le département a fait des propositions qui incluent des solutions proposées par la Ville qui sont désormais actées, à savoir, en lien étroit avec l’Éducation nationale : l’accueil de toutes les classes de 6e au collège Offenbach de Saint-Mandé, et l’accueil de tous les élèves porteurs de handicap dans les collèges vincennois.
Néanmoins, le Département avait abandonné l’étude d’options de proximité pour les 5e 4e 3e.
Charlotte Libert-Albanel, maire de Vincennes, a demandé en séance que les trois options d’autres lieux toujours à l’étude (AFPA Montreuil, INSEP, lycée Paul-Valéry dans le 12e) continuent de faire l’objet d’une analyse complète . La solution retenue par le Département et l’Éducation nationale suite à la consultation des différents acteurs du dossier sera communiquée aux parents de manière commune ce lundi 20 novembre.
Par ailleurs, dans le cas où des cours à distance pourraient être proposés, Charlotte Libert-Albanel s’est engagée à mettre à disposition une salle de restauration pour accueillir les élèves de 5e à 3e à proximité du collège, le Conseil départemental devant dès lors prendre en charge les modalités de restauration proprement dite.
Dès lors que le corps enseignant en voterait le principe, Madame le maire de Vincennes s’est aussi engagée à mettre à leur disposition une salle municipale, équipée informatiquement par le Département, pour qu’ils puissent se former à ces nouvelles modalités d’enseignement et y donner leurs cours.
Enfin, elle s’est engagée à rechercher toutes les possibilités pour accueillir dans des espaces municipaux selon un planning défini avec les enseignants les temps collectifs nécessaires à ce dispositif.

Chronologie

mise à jour : 17 novembre 2017

1882 : construction des premiers bâtiments du collège (anciennement école publique)

1970 : construction des bâtiments les plus récents du collège sur l’emplacement d’une ancienne fabrique d’œillets métalliques

2005 : Le Département s’engage à entreprendre des travaux de réhabilitation du collège, après la livraison du collège Françoise-Giroud à Vincennes

Juin 2011 : première étude de faisabilité par le Département

Décembre 2014 : adoption à l’unanimité par les conseillers départementaux d’un « dossier de prise en considération » qui entérine le projet de rénovation du collège Saint-Exupéry pour un budget de 16,5 millions d’euros. La réhabilitation a lieu en deux temps

Avril 2016 : malgré le lancement de la première phase de l’opération sur le bâtiment B, le calendrier du chantier global est revu avec une pause en 2017 pour boucler « les études et le lancement des procédures d’appel d’offres ». Les travaux, menés en site occupé doivent reprendre à l’été 2018.

Printemps 2017 : début des études préalables aux travaux de la rénovation et diagnostics des sols

21 septembre 2017 : Première réunion de travail : le Département présente à la Ville pour information les premiers résultats des prélèvements effectués dans le cadre des études préalables aux travaux de réhabilitation. Le Département propose que les mêmes études soient réalisées dans les bâtiments municipaux voisins : crèche, RAM, restauration maternelle nord, et la Ville demande que des prélèvements soient également effectués dans la cour de la crèche.

13 octobre 2017 : réunion de travail en préfecture en présence du sous-préfet, avec l’Inspection d’Académie, l’Agence Régionale de Santé, le département et la ville

20 octobre  2017 : présentation de l’évaluation des risques sanitaires par l’Agence Régionale de Santé au Département, à la Ville, à l’Inspection d’Académie ; Demande de réalisation d’une 2e campagne de prélèvements, cette fois-ci en mode passif, et extension du périmètre d’études à la totalité des bâtiments du collège susceptibles d’être concernés.

La ville fait réaliser les mêmes études de recherches de solvants dans la totalité des locaux de la Maternelle nord et dans le jardin cœur de ville, pendant les vacances scolaires.

27 octobre 2017 : nouvelle réunion en préfecture en présence du sous-préfet, identification par le Département en lien avec la Ville des premiers scénarios dans l’attente des résultats : transfert complet ou maintien partiel sur site avec gel de certains locaux du collège

9 novembre 2017 : transmission des résultats de la 2e campagne de prélèvement sur Saint-Exupéry, et les bâtiments municipaux : crèche, restauration RAM pour évaluation des risques sanitaires

10 novembre 2017 après-midi : Réunion en préfecture sur les mesures à prendre suite à la présentation de l’évaluation des risques sanitaires par l’Agence Régionale de Santé sur la base de ces résultats, et formulation des recommandations, conduisant le Conseil départemental et l’Inspection d’Académie à décider de transférer le collège Saint-Exupéry sur un autre site. Décision, par la ville de Vincennes de transférer la restauration scolaire de la Maternelle Nord, la crèche Liberté, et le Relais d’Assistantes Maternelles

13 novembre 2017 : Information de ces décisions auprès des personnels en matinée et des familles dans l’après-midi. Information communiquée également à l’ensemble des élus (majorité et opposition), et au Comité Vigilance Franklin

14 novembre 2017 : transmission par l’Agence Régionale de Santé d’un courrier de demande de restriction d’usage de l’eau pour les bâtiments municipaux concernés (crèche Liberté, Relais d’Assistantes Maternelles, restauration de la Maternelle du Nord) accueillant des enfants de 0 à 6 ans.

15 novembre 2017 : réception des associations de parents d’élèves du collège par Mme Charlotte Libert-Albanel, maire de Vincennes, Laurent Lafon, sénateur du Val-de-Marne, et Dominique Le Bideau, conseillère départementale.
Réunion au centre G.-Pompidou avec les parents des collégiens en présence du sous-préfet, du délégué départemental de l’ARS, de la Directrice académique des services de l’Éducation nationale, d’Evelyne Rabardel, vice-présidente du Conseil départemental, et de Charlotte Libert-Albanel, maire de Vincennes.

16 novembre 2017 : Conformément aux engagements pris la veille devant les parents, Charlotte Libert-Albanel, maire de Vincennes, participe à une réunion organisée au Département avec Evelyne Rabardel et  ainsi que les représentants de l’Etat et de l’Inspection académique et des enseigntants, de l’ARS, et des représentants des parents d’élèves du collège, afin de rechercher des alternatives pour la relocalisation du collège dans l’attente de la construction d’un collège provisoire modulaire. Comme elle l’avait annoncé, suite aux recherches effectuées par les services de la Ville, Charlotte Libert-Albanel propose plusieurs solutions avec une répartition des élèves sur plusieurs sites pour qu’ils puissent rester au plus près de Vincennes : au collège Offenbach à Saint-Mandé, à l’INSEP dans le Bois, au lycée Paul-Valéry à Paris 12e. Les services départementaux et académiques analysent dans le détail ces nouvelles pistes en vue d’une nouvelle réunion prévue le lendemain 17 novembre.
Charlotte Libert-Albanel reçoit également au cours de deux réunions, en présence de M. le sous-préfet et de l’ARS, d’une part les parents des enfants de la crèche Liberté, et d’autre part ceux des enfants fréquentant la restauration de la Maternelle du Nord.
Le département publie sur son site l’étude historique documentaire et mémorielle et le diagnostic environnemental des sols du collège Saint-Exupéry  en date du 20 septembre 2017.

17 novembre 2017 : L’Agence régionale de santé communique à la sous-préfecture, au Département et à la Ville sa notice d’accompagnement des résultats d’analyse. Lire le document :  Notice d’accompagnement des résultats d’analyses communiquée par l’Agence régionale de santé – 17 novembre 2017 (pdf – 166,81 ko) . La Ville demande à l’Agence régionale de santé d’ajouter à cette note les simulations qu’elle a réalisées pour les différents publics afin de permettre la bonne information de tous.

Lors de la réunion de ce jour, le département a fait des propositions qui incluent des solutions proposées par la Ville qui sont désormais actées, à savoir, en lien étroit avec l’Éducation nationale : l’accueil de toutes les classes de 6e au collège Offenbach de Saint-Mandé, et l’accueil de tous les élèves porteurs de handicap dans les collèges vincennois.
Néanmoins, le Département avait abandonné l’étude d’options de proximité pour les 5e 4e 3e.
Charlotte Libert-Albanel, maire de Vincennes, a demandé en séance que les trois options d’autres lieux toujours à l’étude (AFPA Montreuil, INSEP, lycée Paul-Valéry dans le 12e) continuent de faire l’objet d’une analyse complète. La solution retenue par le Département et l’Éducation nationale suite à la consultation des différents acteurs du dossier sera communiquée aux parents de manière commune ce lundi 20 novembre.
Par ailleurs, dans le cas où des cours à distance pourraient être proposés, Charlotte Libert-Albanel s’est engagée à mettre à disposition une salle de restauration pour accueillir les élèves de 5e à 3e à proximité du collège, le Conseil départemental devant dès lors prendre en charge les modalités de restauration proprement dite.
Dès lors que le corps enseignant en voterait le principe, Madame le maire de Vincennes s’est aussi engagée à mettre à leur disposition une salle municipale, équipée informatiquement par le Département, pour qu’ils puissent se former à ces nouvelles modalités d’enseignement et y donner leurs cours.
Enfin, elle s’est engagée à rechercher toutes les possibilités pour accueillir dans des espaces municipaux selon un planning défini avec les enseignants les temps collectifs nécessaires à ce dispositif.

 

source : https://www.vincennes.fr/Actualites/Famille/Derniere-minute

Communiqué FCPE-PEEP – Jeudi 16 novembre 2017

Fermeture du collège Saint-Exupéry

La réunion de ce jour au conseil départemental à Créteil confirme la décision de fermer définitivement le collège, le 21 novembre 2017.

L’ARS nous a communiqué les documents d’étude concernant la pollution des locaux du collège, un dossier de 300 pages est en notre possession. C’est un dossier brut sans document de vulgarisation. Il sera mis en ligne demain sur le site du département. La synthèse de l’ARS sera communiquée également demain via le site de l’ARS.

L’ARS a précisé quelques données par rapport aux risques encourus. Pour une exposition de 5 ans, le risque est acceptable au sens de l’OMS, c’est-à-dire un risque sur 100 000 de survenue de maladie sur toute la vie.

Tenant compte de la forte opposition des parents lors de la réunion d’hier, par rapport aux solutions initialement proposées, le département a exploré de nouvelles pistes. Les solutions travaillées mais écartées car non réalisables sont Paul Valéry à Paris, toutes solutions scolaires envisagées à Montreuil, le Fort Neuf de Vincennes, les locaux privés d’entreprises, le Parc Floral, l’ancien lycée Jean Jaurès à Charenton.

Le département propose d’autres hypothèses. La première qui semble réalisable serait d’installer les sixièmes au collège Offenbach de Saint-Mandé avec une équipe pédagogique resserrée. Il a été évoqué une affectation des niveaux de 5e et de 4e au collège Jean Macé à Fontenay-sous-bois. Restait à trouver un lieu pour les 3e. Cette hypothèse globale n’est pas validée par l’inspection d’académie, en raison de l’éclatement de l’équipe pédagogique.

Dans l’hypothèse où les sixièmes pourraient être accueillis à Offenbach, les parents et les enseignants ont évoqué la possibilité de mettre en place un télé-enseignement pour les 5e, 4e et 3e, pour les quatre semaines du 27/11 au 22/12. Cette piste est à l’étude et travaillée par les enseignants.

Le conseil départemental explore deux pistes : l’INSEP et les locaux de l’AFPA à Montreuil, lieux qui pourraient peut-être permettre d’accueillir tous les enfants ou les niveaux de 5e, 4e et 3e.

Le conseil départemental nous informe que l’hypothèse d’un collège modulaire ne sera pas réalisable avant la rentrée 2018 : le projet nécessite une surface de 6 000 à 7 000 m2 avec 350 à 450 modules.

Les enfants relevant d’un PAI et leurs AVS font l’objet d’une attention particulière de la part de l’IA94, et des solutions de proximité sur les autres collèges de Vincennes sont envisagées.

Le conseil départemental a tenu à nous rappeler que la solution de Vitry avait été particulièrement travaillée sur les plans du transport, de la restauration et des conditions d’enseignement.

Les parents et les professeurs ont réaffirmé leur opposition à l’hypothèse Vitry.

La 1ere vice-présidente du conseil départemental réunit de nouveau demain les interlocuteurs présents pour prendre une décision.

Communiqué de la mairie de Vincennes du 15 nov

Je souhaitais vous donner tous les éléments d’information dont la Ville dispose sur la situation engendrée par le transfert du collège Saint-Exupéry, annoncé par le Conseil départemental du Val-de-Marne.Cette décision du département qui a en charge la construction et l’entretien des collèges fait suite aux recommandations de l’Agence Régionale de Santé après la découverte de solvants sur une partie du site.

Je comprends qu’elle soit source de contraintes importantes pour vos enfants et vous-mêmes : c’est d’ailleurs le message que nous avons défendu, avec Laurent Lafon, Sénateur du Val-de-Marne et Dominique Le Bideau, Conseillère départementale du Val-de-Marne, auprès du département et de l’Inspection Académique.

Cependant, aujourd’hui, le Conseil départemental ne dispose d’aucune autre solution qui permette l’accueil de l’ensemble des élèves et du personnel tout en respectant les recommandations formulées par l’ARS.

Si la compétence des collèges revient au Conseil départemental, soyez assurés néanmoins que je continuerai à défendre les intérêts des familles vincennoises auprès des différentes institutions concernées , avec le souci constant d’un dialogue établi avec les associations de parents d’élèves, mais aussi dans le respect des mesures demandées par l’ARS, qui reste la seule autorité compétente en matière de santé publique. Vous comprendrez certainement, en effet, que nous ne prendrons aucun risque s’agissant de la santé des élèves Vincennois.

Dans une volonté de transparence et pour votre parfaite information, vous trouverez ci-dessous une première chronologie des faits qui ont conduit le Département à prendre cette décision pour le collège, et la Ville pour les structures municipales dont elle a la charge (crèche Liberté, restauration de la maternelle du Nord et RAM).
Charlotte LIBERT -ALBANEL
Maire de Vincennes