Paris : 75% des crèches et des écoles sont situées sur d’anciens sites industriels pollués

Selon une enquête publiée le 16 novembre par l’association Robin des Bois, près des trois quarts des établissements, accueillant de jeunes enfants, contiennent dans leurs sols des résidus de plomb, d’hydrocarbure et de solvants chlorés.

Alors qu’une crèche et un collège à Vincennes sont contraints de déménager à cause de l’air pollué de leurs locaux, l’association de protection de l’environnement Robin des Bois a publié jeudi sur son site les résultats d’une enquête sur l’état des sols des établissements accueillant de jeunes enfants en France. Et le bilan est inquiétant à Paris. Selon l’ONG, 75 % des crèches et des écoles inspectées dans la capitale sont situées sur des terrains pollués par des hydrocarbures, du plomb ou encore des solvants chlorés tel que le perchloroéthylène.

«52% des crèches et des haltes garderies (21 sur 40) dans la capitale nécessiteraient une vigilance renforcée et 23% (9 établissements) doivent faire l’objet d’aménagements et de précautions, précise Jacky Bonnemains, porte-parole de l’association. Il faut savoir que Paris a longtemps été le berceau d’une ville industrielle avant d’être une ville résidentielle. Durant des décennies, la ville possédait de nombreuses fonderies, blanchisseries et usines à métaux. Ces ateliers de traitement, ces fabriques diverses ont commencé à fermer leurs portes dans les années 1930, à une époque où la protection de l’environnement était bien plus rudimentaire qu’aujourd’hui. La plupart des terrains et des nappes phréatiques ont été contaminés durablement par cette activité industrielle».

«Certains résidus polluants ont des impacts sur le développement du cerveau et du système nerveux de l’enfant. D’autres peuvent avoir des effets néfastes sur la fertilité»

Jacky Bonnemains, porte-parole de l’association Robin des Bois
Menée par le Bureau de recherches géologiques et minières, l’enquête a été effectuée dans le cadre d’un plan national lancé en 2013 sous la responsabilité du ministère de l’Écologie. Les conclusions de l’étude n’avaient jamais été communiquées au public. «Notre démarche est celle de la transparence. Nous avons voulu sortir des tiroirs les résultats pour que tous les parents soient informés des risques occasionnés par la pollution sur leurs enfants, confie au Figaro le porte-parole de l’ONG. Certains résidus polluants ont des impacts sur le développement du cerveau et du système nerveux de l’enfant mais aussi sur son squelette. Ils peuvent également avoir des effets néfastes à plus ou moins long terme sur la fertilité».

Certaines crèches polluées ont déjà fait l’objet de mesures de la part de la mairie comme celle des Petites écuries située dans le Xe arrondissement qui a été fermée cet été. Des teneurs en plomb de 1.400 mg/kg avaient été mesurées dans les sols du jardin pédagogique, alors que le Haut Conseil de la Santé publique recommande un dépistage du saturnisme infantile à partir de 300mg/kg. Mais pour l’association, il ne suffit pas de fermer les portes, de purger les robinets, d’ouvrir les fenêtres et de condamner des pièces, il faut extraire les sources de pollution des sols.

De son côté, la direction familles et petite enfance de la mairie de Paris se veut rassurante et affirme au Figaro «qu’il ne faut pas s’alarmer». «Nous avons mis en place un comité de pilotage avec la préfecture de police et les situations sont sous contrôle», précise Philippe Hansebout, salarié de la mairie, à nos confrères du Monde. Les expertises que nous avons menées avec l’Agence régionale de santé ont montré qu’il n’y avait aucun danger pour la santé des enfants ou des personnels. Nous avons déjà fermé certains sites concernés et des investigations sont menées pour identifier les sources de pollution».

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